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Crise humanitaire mondiale : le Programme Alimentaire Mondial face à un déficit de financement alarmant

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Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies est confronté à une crise de financement sans précédent. L’agence onusienne n’a reçu que 1,57 milliard de dollars sur les 21,1 milliards nécessaires pour maintenir ses opérations en 2025, les dons ayant chuté de 40 % en raison des coupes budgétaires de grands donateurs comme les États-Unis.

« Le PAM donne la priorité aux pays les plus vulnérables et rationne les vivres sur les lignes de front. Mais ne nous y trompons pas, nous sommes face à une falaise budgétaire aux conséquences potentiellement mortelles », a déclaré Rania Dagash-Kamara, directrice adjointe du PAM chargée des partenariats et de l’innovation.

« Les programmes d’aide alimentaire d’urgence ne se contentent pas de sauver des vies et d’atténuer la souffrance humaine, ils apportent également une stabilité précieuse aux communautés fragiles, susceptibles de sombrer dans le chaos face à la faim extrême », a-t-elle ajouté.

Les coupes drastiques mettent en péril les programmes humanitaires du PAM dans 28 régions du monde, notamment à Gaza, au Soudan, en Syrie et en République Démocratique du Congo (RDC).

Avec l’arrivée imminente de la saison des pluies au Soudan du Sud, deux tiers de ses 12,7 millions d’habitants risquent une insécurité alimentaire encore plus grave. Le PAM vient en aide à 2,3 millions de personnes ayant fui la guerre, les catastrophes climatiques et la crise économique dans ce pays. Plus d’un million de réfugiés y ont aussi trouvé refuge après avoir fui le conflit au Soudan voisin.

Parallèlement, la pénurie de fournitures médicales risque d’aggraver la crise humanitaire dans l’est de la RDC, où le système de santé public est au bord de l’effondrement. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en garde contre une flambée de maladies infectieuses dans la région.

Après des affrontements à Walikale, près de Goma, près de 700 personnes cherchent à se faire soigner, mais les coupes budgétaires et les blocages de l’aide humanitaire compliquent l’accès aux soins.

« Il n’y a aucune possibilité d’accès. Aucun partenaire ne peut rejoindre cette zone », a déclaré le Dr Thierno Baldé, gestionnaire des incidents pour l’OMS en RDC. Il a aussi rappelé que la crise affecte les pays voisins comme le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie.

L’épidémie de choléra près de la frontière congolaise avec le Burundi inquiète particulièrement. « Une personne infectée sur dix meurt actuellement », a prévenu le Dr Baldé.

En raison des coupes budgétaires, la moitié des 4 millions d’habitants du Nord-Kivu se retrouvent directement menacés. « Les vaccins pour l’immunisation de routine sont presque épuisés à Goma », a alerté le Dr Baldé.

Margaret Harris, porte-parole de l’OMS, a averti que cette situation concerne le monde entier. « Les maladies infectieuses n’ont pas de frontières, elles ne se soucient ni des élections ni des gouvernements. Si vous ne vaccinez pas partout, tout le monde sera affecté », a-t-elle souligné.

Alors que le gouvernement américain a annoncé la suspension de son financement à l’Alliance mondiale pour les vaccins (GAVI), Mme Harris a rappelé que 154 millions de vies ont été sauvées grâce à la vaccination ces 50 dernières années. « Il est insensé de ne pas investir dans les vaccins », a-t-elle conclu.

Les répercussions des coupes budgétaires se font aussi sentir sur les réfugiés. Allen Maina, chef de la santé publique au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a averti que près de 13 millions de personnes déplacées, dont 6 millions d’enfants, risquent de ne plus avoir accès aux soins vitaux et à la nutrition.

Les épidémies de choléra, d’hépatite et de paludisme menacent de se multiplier, notamment en raison de systèmes de santé débordés et de l’effondrement des infrastructures d’eau et d’assainissement.

« La situation est déjà catastrophique, mais elle s’ajoute à des années de sous-financement de l’aide humanitaire », a souligné M. Maina. En Éthiopie, dans la région de Gambela, quatre des sept camps de réfugiés ont dû fermer faute de moyens.

Il a déploré qu’en raison des restrictions financières, « 99 enfants gravement malnutris ont dû être renvoyés chez eux, car les programmes ont fermé ». Pour 980 autres enfants en situation de malnutrition aiguë, seuls deux agents de santé sont disponibles.

« Nous parlons ici de vies humaines, d’hommes, de femmes et d’enfants qui craignent que leurs parents ne survivent pas un jour de plus », a-t-il insisté.

Face à cette crise sans précédent, les appels à une mobilisation urgente des fonds se multiplient afin d’éviter un désastre humanitaire mondial.

Imedias.net

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